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lundi 14 juillet 2014

Il faut bien rêver des fois : un tramway aérien pour relier les futurs projets Chauveau et Auberge des gouverneurs dans l'axe Henri-IV

Utopie ou réalisme ?  Si Bordeaux, Toulouse ou Tel-Aviv considère le SkyTran comme un technologie efficace et peu dispendieuse, pourquoi ne pourrions-nous pas aussi la considérer pour deux de nos projets qui s'avèreront les plus structurants pour la ville de Québec au cours de la prochaine décennie.

 Les études qui sont menées par le MTQ pour la reconfiguration de l'autoroute Henri-IV devraient considérer ce scénario à mon humble avis.  Primo, on réduirait la pression sur la congestion routière en permettant à de nombreux usagers de rejoindre le plateau Ste-Foy et la banlieue Nord très rapidement.  L'article duquel provient cette idée fait d'ailleurs mention que le tramway aérien envisagée à Bordeaux serait plus efficient s'il était planifié comme un équipement de transport public structurant la banlieue.  Secundo, on éviterait un débat stérile sur l'opportunité d'une voie réservée.  Et Tertio, l'insertion urbaine serait facilitée par l'opportunité d'intégrer le nouvel équipement dans deux projets immobiliers d'envergure reliés par un nouvel axe de transport  à repenser complètement.

Il faut bien rêver des fois!

SkyTran, une filiale de la NASA

mercredi 2 juillet 2014

Moi, mes souliers

Marchabilité: proximité et connectivité (live-work-play)

 

Source: thebluereview.org
Soure: thebluereview.org
L’inactivité due à l’aménagement des villes serait la principale cause de la hausse du taux d’obésité en Amérique du nord, soit une croissance de plus de 23% depuis les années 1970 (1/10)  à aujourd’hui (1/3). Des études démontrent également que nous investissons 40% de plus de nos revenus en transport aujourd’hui qu'à l'époque, et consacrons ainsi une plus grande partie de notre budget à nos déplacements qu'à notre logis. Il est d’ailleurs démontré que les émissions de carbone par ménage sont plus importantes en banlieue qu’en milieu urbain.

Prônant les principes de croissance intelligente (smart growth) et de design durable (sustainable design), Jeff Speck, urbaniste et designer très présent sur la scène internationale, rappelle que notre santé et notre qualité de vie sont étroitement liés à notre milieu de vie et qu’il importe en ce sens de sortir du paradigme de la conception pour la voiture et de plutôt concevoir pour la population. Il cite en ce sens l’exemple de la Ville de Portland qui déjà dans les années ’70 posait des gestes à l’encontre des tendances de l’heure, lesquels ont permis de limiter l’étalement urbain, de réduire l’usage de la voiture (20% moins de conduite automobile que dans le reste du pays) et d’en faire une ville attractive et un milieu de vie et de travail recherché :
  • Établissement d’un périmètre d’urbanisation
  • Aménagement de rues étroites
  • Programme d’investissement dans le réseau cyclable plutôt que dans les infrastructures autoroutières 


Et vous, vos souliers?

 

Source: portlandoregon.gov
Source: portlandoregon.gov
Le site The walk score évalue la marchabilité des quartiers  d'Amérique du nord, du Royaume-Uni et de l'Australie selon la présence de diverses composantes :
  • Un centre (une rue principale ou une place publique)
  • Des gens (une masse critique pour la prospérité économique et une desserte efficace en transport en commun)
  • Une mixité des usages et une mixité sociale
  • Du design urbain à l'échelle humaine (bâtiments rapprochés de la rue, stationnement à l'arrière)
  • Des établissements scolaires et des lieux de travail
  • Des rues complètes, aménagées pour cyclistes, piétons et transport en commun

Le Health and Community Design Lab de l'Université de la Colombie-Britannique (UBC) s'est de son côté basé sur 4 éléments de référence pour la réalisation d'un index de marchabilité, un outil pour mesurer les caractéristiques des quartiers les plus favorables aux modes de déplacement actifs: 
  • Densité résidentielle
  • Densité commerciale
  • Mixité des usages 
  • Connectivité (selon le nombre d'intersections et de sentiers)

La lutte à l’étalement urbain est un sujet de l’heure et la banlieue en est la bête noire, toutefois la solution ne résiderait pas tant dans ce mouvement contre l’étalement urbain mais dans le changement de nos habitudes et de nos modes de vie. Selon Speck, le geste le plus vert à poser consiste à habiter un quartier marchable, à se libérer de la dépendance à l’automobile en rendant nos villes plus marchables et plus agréables, bien au-delà de l’acquisition de tous les gadgets recyclés ou écoénergétiques.

Présentation TED de Jeff Speck, The walkable city
Un peu de lecture du même auteur : 
  • Suburban nation : The Rise of Sprawl and the decline of the American Dream
  • Walkable city : How downtown can save America, one step at a time
  • The Smart Growth Manual



mercredi 13 février 2013

La banlieue aurait-elle à nouveau la cote?

Groupe Dallaire a pleinement l'intention de revisiter le modèle de la banlieue traditionnelle dans la planification de ses projets mixtes d'envergure.  Nous y travaillons depuis près de 2 ans maintenant et nous avons bien hâte de pouvoir enfin dévoiler un peu le résultat de nos recherches et concepts.

D'ailleurs, le petit éditorial que j'ai publié précédemment sur ce blogue et dans le magazine Espace Québec était ni plus ni moins qu'un appel à repenser nos banlieues (nouvelles ou existantes).  Je ne suis pas le premier à prêcher pour un avenir meilleur pour la banlieue.  Le GIRBa à Québec le fait depuis longtemps déjà et de manière très structurée.

Toujours est-il que la toile regorge ces temps-ci de textes et publications sur le sujet.  Je vous invite à consulter les quelques liens ci-dessous.  Le texte de Richard Florida place le sujet dans le contexte de sa théorie sur la vitalité des villes (banlieues) et la classe créative.  La publication du ULI est plus que pertinente et constitue un bon guide pour ceux qui souhaitent faire les choses autrement.  Et puis enfin, je vous invite à visiter virtuellement le quartier Orenco Station en périphérie de Portland, un bel exemple de banlieue revisitée.

Quelques liens ...


lundi 22 octobre 2012

Haro sur la diabolisation de la banlieue

J'ai le coeur gros.  Ou plutôt, j'en ai gros sur le coeur.  Comme urbaniste et fervent croyant de l'urbanisme viable, j'en étais venu à me sentir mal d'être un banlieusard.  Je sentais une profonde contradiction entre mes valeurs professionnelles et mes valeurs personnelles.  Et puis, tranquillement, j'ai commencé à assumer mes choix et à contredire mes pairs.

Mais au-delà de la confrontation, de la polarisation et du dogmatisme, ce peut-il qu'il existe quelque part un juste équilibre entre les deux discours?

Dans le débat sur l’étalement urbain des grandes villes et avec l’omniprésence du concept de développement durable, on l’accuse de biens des tords, allant des changements climatiques à l’isolement des personnes âgées en passant par la sédentarité des jeunes, les difficultés de conciliation travail-famille, l’homogénéité des produits résidentiels, la baisse de productivité économique associée aux temps accrus des déplacements et enfin la perte identitaire des communautés.

Cependant, d’un autre côté, une majorité silencieuse continue de chérir la maison unifamiliale isolée et la liberté que lui procure l’automobile.  Les statistiques de construction dans les villes périphériques sont impressionnantes et il apparaît clair que la banlieue continue d’exercer un attrait indéniable.


Il faut donc ensemble faire la lumière sur la question de la banlieue et surtout se demander comment la rendre plus performante sur les plans social, économique et environnemental.

Ce n'est pas vrai que nous sommes tous appelés à vivre dans des quartiers centraux très denses ou des nouveaux éco-quartiers.  La banlieue existe et répond à des besoins.  Voyons ensemble à résoudre ses problèmes.

Quelques pistes de réflexion...
 

lundi 13 août 2012

Le microlotissement ou l'art d'accomoder les modes de vie bi-générationelle

 «Not in my backyard!» disent trop souvent les opposants à la densification urbaine. Le phénomène est connu et constitue souvent la bête noire des planificateurs urbains.  Mais on sent tranquillement un renversement de la tendance.  Qu'il soit question de microlotissement ou de densification douce, on observe de plus en plus un assouplissement des normes réglementaires d'urbanisme afin de faciliter la construction d'un logement d'appoint sur un terrain.  Cette tendance s'explique en partie par une volonté grandissante des ménages d'adopter une mode de vie bi-générationelle; le logement d'appoint pouvant servir ainsi à loger les grands-parents en perte d'autonomie ou le «tanguy».  De plus, il peut s'agir dans certains cas d'une option pour les premier acheteurs de financer une résidence plus grosse dans les premières années de son occupation.

En France, le mouvement prend de l'ampleur et promu par l'organisation «BIMBY».  La démarche de cet organisme se résume ainsi :


Quelques références ...

mardi 24 juillet 2012

Un atlas des "suburbanités"

L'Université de Waterloo nous propose une nouvelle lecture de la banlieue, celle dont on parle tant et qui demeure pourtant méconnue. The Atlas of suburbanisms évolue au gré de recherches statistiques et conceptuelles, procédant ainsi au repérage et à la caractérisation de ces lieux autrement qu'en tant qu'espaces physiques localisés, en misant davantage sur les modes de vie particuliers qu'ils proposent.